Apprendre l’anglais à un enfant de deux ans

François et moi sommes partis à rire d’entendre le ton indigné de Xavier. Ça s’est passé il y a plusieurs semaines, un lundi, soit la journée d’immersion anglaise pour Xavier à la maison. Son papa rentrait du travail, et il a salué Xavier dans cette deuxième langue, pour entrer dans le jeu.

F – Hello, Xavier, how do you do?
X – Non, papa. “Allô, ça va bien?” Comme ça!

Cette journée-là – c’était la deuxième ou troisième immersion qu’on faisait, je crois – Xavier affichait une révolte passagère envers cette perversion de ses communications habituelles. Sa maman n’utilisait pas les mêmes phrases qu’à l’ordinaire et, horreur!, changait même les mots de ses histoires favorites. Heureusement, c’est vite passé, et il commence à prendre goût à ce nouveau jeu de language.

Dès la première expérience, j’ai découvert que mon petit garçon de deux ans pouvait facilement me comprendre, même si je m’exprimais dans une langue étrangère. La communication, à cet âge, est surtout composée de directives et de phrases simples. En utilisant des gestes démonstratifs et des intonations appropriées (joie, mécontentement, fierté, etc.) dans des situations familières (jeux préférés, heure du repas, etc.), je parviens sans trop de problème à me faire comprendre par Xavier.

C’est donc ainsi que j’ai démarré : je parlais en Anglais à Xavier, et il me répondait en Français. Dernièrement, toutefois, j’ai eu beaucoup de succès à reprendre ses premiers apprentissages linguistiques, mais dans la deuxième langue : nous nous amusons à nommer les parties du visage et du corps, ainsi que les animaux du zoo et de la ferme de sa ribambelle de Little People. C’est plutôt marrant, car Orléane, qui aura un an bientôt, commence ces mêmes apprentissages au même moment (visage et sons des animaux), mais en Français, pour débuter. Xavier, lui, répond aux mêmes questions en Anglais, et il est d’autant plus fier de démontrer à sa petite soeur où est son “nose”!

Je dois l’avouer, par contre, c’est un peu frustrant au début – autant pour le parent que l’enfant. Ça ressemble un peu à un pas en arrière, côté communication : on doit tout recommencer à la base, dans cette nouvelle langue. Nous nous sommes habitués à communiquer plus rapidement et à aborder des notions de plus en plus complexes avec notre petit homme. La tentation est grande de sauter à la langue familière pour expliquer une situation ou une chose plus compliquée au moment où elle survient, et je le fais parfois. J’utilise également la langue maternelle pour les directives pressantes qui doivent être comprises immédiatement – “Attention à ta soeur!!” – ou pour gronder, au besoin.

Somme toute, je pressens un succès à long terme. Nous encourageons Xavier, mais nous ne le forçons pas non plus – il est préférable qu’il voit cela comme un jeu. De plus, puisque Xavier fait une sieste en après-midi et que je relâche l’Anglais par la suite, notre journée d’immersion ressemble davantage à une demi-journée.

En combinant ces immersions, de la télévision anglophone et, dans quelques années, de la lecture appropriée, Xavier et Orléane devraient avoir une fondation bilingue solide. Il s’agit d’un apprentissage auquel François et moi tenons beaucoup.

3 Responses to “Apprendre l’anglais à un enfant de deux ans”

  1. Simon

    My wife and I are currently in “discussions” about putting Dex, our oldest, into French immersion when he starts kindergarten this year. I’m all for it, wanting to give him the second language and, I think, the added mental acuity that develops with it. Amy feels more trepidation, thinking she (well, we) won’t be able to communicate with both boys as they get older and ask for help with homework and stuff. A small hurdle, to me, compared with the benefits they’ll reap.

  2. Tal

    Have to chime in here and just say that my best friends (all french immersion kids) never had those “homework” problems really. You can reinforce at home with books and french tv, and that was usually good enough. For what it’s worth, these kids are working for the Canadian government (biligualism comes in handy), or living abroad in France. Definitely good if you can get it, in my non-parental opinion….

  3. Émilie

    Tal, thanks for that input. I’ll re-state your comment in the next post’s comment thread, because I think it belongs there as well.

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